Armée & Prévôté d'Anjou

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 Clelia/désobéïssance Duc/relaxe/17-12-59

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Tancy
Juge
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Date d'inscription : 20/11/2011

MessageSujet: Clelia/désobéïssance Duc/relaxe/17-12-59   Dim 18 Déc - 14:58

Citation :
Procès ayant opposé Clelia au Duché d'Anjou

Clelia était accusé de haute trahison.

Enoncé du verdict
Citation :
Le prévenu a été relaxé.
*Après un long moment de silence, le juge s'exprima enfin après avoir une dernière fois consulté ses notes prises au fil des interventions de chacun.*

Le terme qui me vient à l'esprit concernant cette facheuse histoire est pathétique et ce sous différents aspects.

Je rappelle au passage que désobéir au Duc est l'un des crimes les plus graves qui soit !
L'article 5 de notre Coutume, reste et restera toujours valide et se doit d'être appliqué.

Cependant, pouvons-nous prétendre qu'une démission est une désobéissance au duc ?
Les circonstances d'une démission doivent elles entrer en ligne de compte ?
Et bien sur ce dernier point, je vais répondre oui. Chaque démission à une origine et les raisons peuvent être nombreuses, quelques fois mêmes obscures.

Cette affaire se rapporte essentiellement aux choix de l'accusée, de la reconnaissance du Duc à celles qui l'ont conduite à démissionner.
Suite à son premier choix, l'accusée s'est retrouvée siégeant au conseil, se retrouvant face à une hostilité manifeste d'une poignée de conseillers, situation que peu de gens ont la capacité à supporter, je ne peux décemment faire fi d'ignorer cet élément.
Cela ne l'excuse en rien certes, car lorsque l'on fait des choix si lourds de conséquences soient-ils, il faut également savoir les assumer et ce, quelles que soient les difficultés qui se présentent, en même temps tout le monde n'est pas doté de cette force d'esprit, ni ne possède l'aptitude à le faire.

La défense et l'accusation s'appuient sur la lettre publique du Duc du 13 novembre.
De cette lettre, après l'avoir lue et relue à de nombreuses reprises, je n'ai retenu qu'une seule phrase qui me suffit amplement.
Le Duc Brennus de Reikrigen l'a terminé de cette façon : « Puisse-tu faire profil bas et disparaître de ma vue. »
Je pense que c'est assez clair, tout est dit en ces simples mots.

Concernant les stocks cachés du duché, je ne pense pas que ce soit volontairement que l'accusée ne se soit pas prononcée, elle a juste respecté la volonté du Duc, cette même volonté résumée par la phrase que j'ai retenu. Je ne peux donc pas retenir ce chef d'inculpation dans mon jugement final.

Concernant la vérité sur la dérogation qui aurait été sournoisement soutirée à la Duchesse Vendettal, je ne peux m'y référer vu que la Duchesse elle-même n'a pas tenu à témoigner.

Le caractère individualiste de l'accusée souligné par la procure, je ne peux en tenir compte, considérant qu'il ne concerne qu'elle et les gens qu'elle fréquente.

La procure dans sa volonté de faire respecter la loi à la lettre, a de sa propre initiative décidé de donner suite à cette démission et ce, sans consulter et en informer l'ensemble du conseil ducal, ni même le premier concerné à savoir le Duc en personne. Dans un procès ayant un chef d'accusation différent cela ne me choquerait nullement mais dans un cas de haute trahison, ma vision de la justice est totalement différente de celle du procureur.

Je considère effectivement que seul le régnant est en droit de réclamer et d'exiger l'ouverture d'un tel procès afin d'éviter au maximum des dérives au niveau du système judiciaire.
À aucun moment lors de nos discussions privées, les très rares fois où le nom de l'accusée fut cité tout au long de ce mandat, le Duc ne m'a fait part d'une volonté de la poursuivre en haute trahison.

Sur cette base, je ne peux que prononcer la relaxe de l'accusée.



Acte d'accusation
Citation :
*L'air grave et sérieux, Linon ouvrit la séance.*

Dame le juge Salebete, la procure angevine ouvre procés ce 7 décembre 1459 contre la demoiselle Clelia de la Croix Bramafan Penthièvre, ancienne maire de Craon et ancienne conseillère ducale, sous le chef d'inculpation de Haute Trahison.

En effet, Clélia a sciemment désobéi au duc Brennus en démissionnant de son poste au conseil ducal malgré le refus formel du duc. Refus notifié par écrit par le duc le 13 novembre, comme en témoignent le courrier [http://www.univers-rr.com/RPartage/index.php?page=rp&id=12489] antérieur à la démission, et la lettre publique du duc juste après la démission, que voici :

Clélia,
Pour commencer permet moi de te dire à quel point tu me déçois.
Cesse donc de rejeter la faute sur les autres membres du conseil, depuis le début de ce mandat tu refuse d�occuper un poste, sous prétexte du conflit des élections, puis de la mairie de Craon et maintenant des gens avec qui tu dois travailler. D�ailleurs, sache que la communication permet quelque fois de faire avancer les choses. N�ayant croisé Regort qu�après, j�ai posé la question au Fou pour les salaires des mines. Et bien ils étaient bien comptés, c�est seulement leur intitulé qui était changé.
Mais non, tu as préféré t�en servir de prétexte pour quitter le navire.
Tu parles de polémique, qu�aurais tu dis si j�avais quitté le trône au lendemain de la reconnaissance avec comme prétexte d�éviter les polémiques ?
Ton attitude est honteuse, tu prédis un cataclysme et tu fuis pour ne pas y être mêlée.
Si tout le monde agissait comme toi, alors oui ce serait un désastre. Ceux que tu décries, eux sont encore là et prennent en charge ce pour quoi tu avais été élue et que maintenant tu fuis.
Je dis honteuse car tu n�agis que pour ton propre compte au mépris de tous, moi y compris.
Ta démission je l�ai refusée, et tu n�en as pas tenu compte. Tu n�as aucun respect pour le duc que tu as élu en le mettant ainsi devant le fait accomplit. Tu n�as aucun respect pour ceux qui t�ont soutenue, ni pour ceux qui ont voté pour toi.
Pour finir, j�ai voulu cette dernière lettre publique. Publique pour que chacun sache ce que tu as fais, que tous sachent ce que tu vaux, si un jour ils devaient voter pour toi.
Mais surtout pour que chacun sache que tu es aussi responsable que les autres. Responsable si un jour l�Anjou devait toucher le fond comme tu te plais à le prédire. Que ceci reste dans les mémoires afin que tu n�ais jamais l�audace de dire « je vous l�avais bien dis ! ».

Puisse-tu faire profil bas et disparaître de ma vue.

Brennus de Reikrigen, Duc d�Anjou qui y croit encore, lui.

Toujours le 13 novembre, après la démission, le duc intimait à Clelia l'ordre d'indiquer tous les stocks du duché qu'elle avait fait cacher pendant la guerre. A ce jour, celle-ci n'a toujours pas répondu. Mais a continué à participer aux autres discussions tout en évitant soigneusement celle-ci.

Dame je juge, les faits sont graves, particulièrement en période d'instabilité due à la guerre et à la déclaration d'indépendance. Clélia a agi avec un mépris total pour l'autorité du duc élu, pour le conseil ducal, pour les angevins qui l'avaient élue et pour la Coutume qui lui dictait sans ambiguïté la conduite qu'elle aurait dû tenir.

25- Désobéir au Duc d'Anjou est un crime.
34- Un crime perpétré par un élu ou un noble angevins est passible de l'inculpation de haute-trahison.

C'est donc en vertu de notre Coutume que la procure accuse la demoiselle Clélia de crime contre l'Anjou, pour avoir désobéi au duc en démissionnant.

S'il était encore besoin de souligner la gravité du crime, je rappelle à la cour le caractère fourbe dont avait fait preuve l'accusée quelques jours avant, en manipulant la duchesse Vendettal à la fin de son règne. En effet, Clelia avait demandé et obtenu de la duchesse une dérogation pour se présenter aux élections municipales de Craon, alors qu'elle était conseillère ducale et qu'un candidat craonnais s'était déjà porté candidat. Ce n'est qu'après avoir obtenu cette autorisation que Clélia a reconnu à demi-mot la présence de cet autre candidat, qu'elle aurait dû soutenir et aider en tant que cac, au lieu de le repousser en lui jetant ses titres à la figure pour qu'il renonce à sa candidature. Ce jeune homme a depuis quitté Craon.
Aussi dans un premier temps, j'appelle la duchesse Vendettal à témoigner de la vérité sur la dérogation qui lui fut sournoisement soutirée, puis le sieur Regort qui a tenté avec les autres conseillers de répondre à la place de l'accusée quant aux caches des stocks.

Première plaidoirie de la défense
Citation :
*Une pensée à Colin qui devait être arrivé à Laval, tout seul, et qui allait très certainement en profiter pour aller brigander un peu avant que la guerre ne reprenne.

On lui avait fait parvenir l�acte d�accusation qu�elle tenait à la main (si si, mais comme tout le monde le connaît, ça ne sera pas étonnant cette fois-ci d�en connaître la teneur). Elle prit la parole à son tour. Première plaidoirie.*

Concernant les stocks, j�appelle Charles de Raveline, Commissaire au Commerce d�Anjou de venir témoigner que je lui ai transmis l�état des stocks, qu�il a d�ailleurs publié, comme j�ai pu le constater par la suite. De plus, mon bureau est suffisamment bien rangé pour que l�on puisse y retrouver tout ce suivi. Un bilan était fait toutes les semaines, une copie de tous les mandats, sans exception, a été faite en mon bureau. Ainsi, je pense qu�en terme de « transparence », il n�y avait aucune ambigüité pour qui voulait des réponses rapides. Un tableau de suivi des mandats a également été faits. Les documents étaient à disposition. Il n�y a qu�un seul bureau pour le Commissaire au Commerce au conseil.
A ce titre, mon action remplit bien le premier principe de la coutume angevine. Aucun préjudice n�a été subi par la personne qui m�a succédé à mon poste puisque qu�un suivi journalier des mandats était fait.

Concernant les élections à Craon, comme je l�ai déjà évoqué précédemment au conseil, le candidat qui s�est présenté à moi l�a fait sous un nom que je ne connaissais pas. J�ai bien insisté sur le fait que je cherchais un dénommé Barton alors que j�avais devant moi le candidat Tancrede. Je ne l�avais vu que très rapidement au conseil municipal aussi son visage ne m�était pas inconnu. Le lieutenant de police Abdallah m�a fait part de ses réticences par rapport à ce candidat, ne le connaissant pas (sous ce nom), je n�ai donc pas retiré ma candidature. Ayant été blessée et obligée à rester une quinzaine de jours sur place, je ne suis arrivée que quatre jours avant les élections. Aucun candidat n�était déclaré et nous avons posté nos candidatures à peu près au même moment.
Là encore, j�espère que demain, Madame le Procureur, vous ne déclarerez pas vous nommer autrement, sans aucune possibilité de faire le lien entre les consonances de votre premier patronyme et votre nouveau. A ce titre, si tous les candidats faisaient cela, quelques jours seulement avant les élections, nous aurions beaucoup de surprises le jour des élections.
De plus, je souligne également le fait que le décès de ma mère a eu lieu pendant le règne de la Duchesse Vendettal quand, sans ordres précis, elle est allée au devant d�armées royalistes qui lui ont ôté la vie. Une duchesse ne doit-elle pas protection, justice et subsistance pendant la durée de son règne ? Aucune annonce ducale n�a été faite après son décès. C�est pourquoi je suis surprise que là, la duchesse Vendettal vienne me reprocher ma conduite alors que la sienne a conduit ma mère auprès d�Aristote et qu�aucune attention particulière n�ait été donnée à sa mort alors qu�elle était une ancienne duchesse angevine. Je ne peux qu�être réservée sur ses accusations.

En tout cas, se pose la question du rapport avec mon chef d�inculpation. Ces éléments ne sont portés à la connaissance de la Cour que pour pouvoir jeter le discrédit, de façon pernicieuse.

Donc, pour en revenir au c�ur du problème.
Vous me reprochez ma démission du conseil. Mais comment cela est-il arrivé ?
Dans cette même journée, le conseiller Globs a fait une demande de démission qui a été acceptée par le Duc. Pourquoi la mienne n�a-t-elle pas été acceptée ? Au départ, je signale qu�il s�agissait de démissionner pour laisser une place libre à quelqu�un qui pourrait avoir des responsabilités [Poste IG]. Cette proposition a été refusée par le Duc. C�est uniquement cette proposition qui a été refusée.
Le Duc a décidé de me nommer Commissaire aux mines. C�est de ce poste que j�ai démissionné.
Il n�y a donc pas eu désobéissance puisque les motifs de ma proposition faite au Duc étaient différents de ce qui m�a poussée à démissionner par la suite. Je n�ai d�ailleurs démissionné que lorsque j�ai été nommé, pas avant.
Alors certes, tout a été concomitant mais cela a bien été fait en deux temps.
C�est du poste de Commissaire aux Mines que j�ai démissionné et non du conseil. D�ailleurs, au passage, je précise que n�étant plus conseillère ducale, je me suis abstenue de tout commentaire sur les discussions du conseil à partir de cette date là. Les accusations de la Procureur sont donc erronées, je n�ai répondu qu�aux sujets qui touchaient Craon.

J�ai fait appel à mon bon sens pour prendre cette décision.
Des personnes pouvaient me remplacer au sein du conseil ducal, cela était moins sûr au conseil de Craon qui affichait alors une trésorerie négative d�environ 400 écus, ainsi qu�un marché où aucune miche de pain n�était disponible depuis plusieurs semaines.
Je ne gênais pas ainsi le fonctionnement du conseil ducal, qui était un peu tendu du fait de mon vote à la reconnaissance du Duc.
De plus, cette mairie était à l�abandon depuis une quinzaine de jours, deux voire trois tentatives de reprises avaient été entreprises, sans succès.
Les royalistes menaçaient l�Anjou.

Etait-il préférable de laisser une ville à la merci de la première armée venue alors que nous cherchions à mobiliser à Saumur et Angers et que la priorité était la sauvegarde de notre château pour privilégier un poste qui pouvait être tenu par quelqu'un d'autre?

Réquisitoire de l'accusation
Citation :
Dame le juge, vous avez entendu les justifications de la défense. L'accusée a décidé elle-même des priorités à donner entre la mairie de Craon et son poste au conseil ducal. Etait-ce là ce qu'attendait d'elle le duc? Non.

Elle a décidé elle-même de remettre, d'après ses dires, un état des stocks cachés à Charles de Raveline qui prenait sa suite à l'office commercial. Ce dernier précise bien que cette liste lui a été transmise après la démission de Clélia, donc quand le duc lui demandait déjà des comptes. Etait-ce là ce que lui demandait le duc? De transmettre en grand secret à Charles un document secret que celui-ci s'est dépêché de cacher? Bien sûr que non. Le duc s'adressait expressément à Clelia, et c'est bien parce que l'accusée ne pipait mot sur le sujet que les autres conseillers, dont le sieur Regort, ont tenté de reconstituer cette liste.

De même quand est évoquée l'affaire de la dérogation à l'élection de Craon qu'elle avait demandé sans informer complètement la duchesse de la réalité électorale. La duchesse Vendettal n'a pas pu, ou pas voulu, s'exprime. Néanmoins l'accusée lui reproche immédiatement la mort de sa mère. Quel rapport avec la dérogation ...? Aucun.

Pourtant un point commun avec le reste : tout est ramené au niveau personnel de l'accusée. Sa mère et son décés, ses préférences pour "sa" mairie comme on l'a souvent entendu dire plutôt que pour le conseil ducal, ses envies plutôt que les ordres du duc, ses jugements sur ce qui serait le mieux pour le duché, etc... Moi et moi.

Ces faits, ces choix, démontrent le caractère individualiste de l'accusée. Ce n'est pas en soi répréhensible bien sûr. Tant qu'on se contente de gérer ses moissons ou de vendre son pain, ne penser qu'à soi et n'écouter que soi ne peut gêner grand monde. Mais quand on occupe, par choix, un des postes les plus hauts placés du duché, on oublie un peu sa petite personne et on obéit quand on reçoit un ordre ou une interdiction du duc. C'est lui qui décide ce qui est le mieux pour le duché, pas Clélia. C'est lui qui dirige le conseil et attribue les postes selon les compétences et les souhaits de chacun, pas Clélia.

Le duc voulait que l'accusée reste au conseil et occupe le poste de commissaire aux mines. Il n'appartenait pas à cette dernière de décider à la place du duc de ce qui était le mieux pour le duché et de quitter le conseil, bafouant ainsi l'autorité ducale en pleine mobilisation. Et si la démission du sieur Globs a été acceptée par le duc, ce n'était pas un sauf-conduit pour tous les autres conseillers.

Dame le juge, les faits ne sont pas contestés par l'accusée. Elle a bien démissionné malgré l'interdiction du duc. Je n'ai entendu de sa part aucun regret pour cet acte hautement égoïste, qui je le rappelle, a eu lieu en pleine période de mobilisation et de déclaration d'indépendance. Soit une période où l'Anjou était particulièrement vulnérable et avait besoin d'un duc au pouvoir incontesté au sein de son conseil. C'est sans doute là le plus gros risque qu'ait fait courir l'accusée au duché par cette démission interdite : désavouer le duc élu, celui de l'indépendance, et risquer la destabilisation du duché en pleine guerre.

Aussi la procure maintient-elle l'accusation de Haute-Trahison, et requiert outre la peine d'inéligibilité prévue par la coutume, une amende symbolique d'un écu et un bannissement d'un mois hors d'Anjou.

Je vous remercie.

Dernière plaidoirie de la défense
Citation :
*Et encore une logorrhée à supporter. Pendant cet instant de solitude, elle envoya une petite pensée à Ysa déjà sur les routes.

Et puis vint Colin et une légère, si légère appréhension sur ce qui allait suivre. Elle le connaissait.. ou du moins croyait le connaître et son plus grand stress à ce moment-là était qu'il n'insulte personne. Elle était loin du compte.
Après le Colin poète qui se révèle aux heures tardives dans les tavernes poitevines désertées, elle découvre le Colin avocat dans l'enceinte de ce tribunal. C'est qu'il parle bien et qu'il a ce recul qui lui manque.
C'est à son tour de parler.*

Bah.. euh... humpf...

*Pas facile de reprendre, une fois que Colin est parti. Elle avait imaginé une défense très compliquée, tout était écrit mais tout est rendu caduque par ce qui vient d'être dit quelques secondes avant. Elle chiffonne la feuille qu'elle avait à la main.*

Et bien, la Duchesse Vendettal m'a fait part de son indignation par rapport à ce procès. Elle l'a également fait auprès du procureur qui, étrangement et fort à propos, n'a pas l'air de s'en souvenir. Elle ne viendra pas, je pense, n'ayant pas de temps à perdre avec ce genre d'histoire qui relève plus de la vengeance personnelle que d'autre chose.

A ce titre d'ailleurs, il est assez amusant que notre Duc n'ait pas été lui-même cité à comparaître pour corroborer l'atteinte faite à sa personne. C'est quand même lui le premier concerné non? Mais la médisance était certainement plus urgente que les faits eux-mêmes.
Quelques jours avant que ce procès ne soit lancé, sans même en avoir averti le Duc, je le souligne - pour quelqu'un qui me met en procès pour irrespect envers lui, c'est assez remarquable � j'ai eu une conversation privée avec Brennus dans laquelle nous revenions sur ce qu'il s'était passé. Je ne dirais rien de la teneur de cette discussion si ce n'est que l'éponge a été passée sur cette démission, pour diverses raisons.

Quant à la logorrhée de plus du bailli, qu'il aille donc se recentrer sur les finances, les taxes et les impôts au lieu de vouloir mettre le nez dans les affaires du Cac.

Enfin, je souhaite porter à la connaissance de la Cour certaines observations par rapport à la justice angevine. Nous n'avons pas de Cour d'Appel. Certes, elle n'est pas obligatoire mais quand on voit la facilité avec laquelle le procureur met les gens en procès, avec quelle minutie et quelle impartialité, cette absence de Cour d'Appel est préoccupante.
De plus, la souveraineté de l'Anjou est également à redéfinir dans la Coutume. L'article 2 n'a toujours pas été modifié officiellement, pourquoi l'article 5 serait-il toujours valable dans ce cas?
Mais bon, il faut bien faire avec ce que l'on a...

Pour le reste, je ne reviendrai pas là dessus même si beaucoup de personnes pourraient témoigner ici de mon engagement pour l'Anjou que cela soit pour aller chercher Ermengarde qui était coincée à Thouars avec des sacs de farine depuis quelques jours, que ce soit pour aller porter du pain à La flèche qui était assiégée par les armées mainoises ce qui m'a valu quelques semaines de repos forcé, que cela soit pour le temps que j'ai consacré à mon poste de Commissaire au Commerce sous le mandat de Vendettal ou pour l'énergie que j'ai pu dépenser à la mairie de Craon pour laisser une situation viable au maire suivant.. et j'en passe.
Contrairement à d'autres qui ne s'intéressent à Craon que dans la mesure où son marché est florissant et avec des prix inférieurs à ceux qu'ils ont chez eux, j'ai toujours considéré les quatre villes d'Anjou sur un pied d'égalité.
A ce titre, je vous cite l'article premier de notre coutume qui rappelle que le Duché d'Anjou se compose de ces quatre villes. Etre maire ou être au conseil sont deux façons de servir l'Anjou. Je ne devais avoir qu'un rôle consultatif au sein de ce dernier, les circonstances ont fait que cela n'a pas été possible.
Ainsi j'ose espérer que beaucoup de personnes trahiront l'Anjou comme je l'ai fait, en préférant à une place confortable au Conseil ducal et au relatif pouvoir sur les gens et sur les choses qui fait perdre la tête à certains, un poste de maire dans une ville que tout le monde qualifiait de morte, où les rares voyageurs ne souhaitaient que repartir, où les habitants étaient furieux, où le conseil municipal n'existait pas vraiment du fait de la mobilisation.
Aujourd'hui, j'ai laissé une ville avec une maire dynamique et pleine de ressources, avec une petite avance de trésorerie, avec un stock reconstitué en partie, avec des stères de bois d'avance alors que c'est la pénurie, avec une équipe municipale, avec des habitants prêts à aider dans la mesure de leurs possibilités et avec les remerciements et les félicitations de certains et surtout avec des fûts remplis de bières et des habitants en taverne chaque soir.

Mon travail je l'ai fait pour l'Anjou, peut-être pas de la façon dont le souhaitaient certaines personnes, mais les résultats sont là.

*Elle se rassit*

La défense a appelé Charles_de_raveline à la barre
Citation :
Voici son témoignage :
*Charles entra dans le tribunal, lieu qu'il n'appréciait pas spécialement... enfin il y était obligé... Car l'injustice y poussait comme de la mauvaise herbe... Il alla s'asseoir à la barre comme on lui demandait, et se mit à parler pour rétablir la vérité et arrêter cette mascarade de procès, qui n'était que vengeance...:*

Salutations, je suis donc Charles de Raveline, Conseiller au Commerce d'Anjou. Mon témoignage concerne le fait des stocks demandés par le Duc. Clelia ayant démissionné, elle est venue me trouver avec les documents concernant les stocks cachés, et bien d'autres. Ces documents, je les ai placés dans mon bureau, et c'est la raison pour laquelle Clelia n'a pu faire un état des stocks cachés au Duc, ces documents étant en ma possession. Or, comme le bureau de nombres de conseillés, le mien est barré à double tour, mais aussi gardé jour et nuit, on n'est jamais trop prudent.

Donc elle n'a pu faire ce qu'on lui demandait. Autant demander à un homme de traire une vache sans vache... C'est la même chose.

Voilà. Si vous avez des questions je suis tout à vous.

*Et le jeune homme retourna, mais ne sortit pas du tribunal, alla dans les rangs de bancs où il s'assit.*

[Hrp: si besoin de question ou de réponse de charles, on passera par le Rp]

La défense a appelé Colin_de_cayeux à la barre
Citation :
Voici son témoignage :
Salut la compagnie,
Madame le juge, madame le procureur mes salutations,
Si vous ne me connaissez point, je me présente, Colin de Cayeux, habitant de cette province qu�est l�Anjou.
Je viens ici pour témoigner en faveur de dame Clelia. On l�accuse si je comprends bien d�avoir désobéi au duc d�Anjou. Désobéissance consistant en une démission et au refus de fournir une liste selon les dires de la procure.
Parlons du premier cas. Désobéissance au duc pour avoir démissionner malgré son refus de la voir quitter le conseil. Refus exprimé dans une lettre. Commençons par observer cette lettre. Est-ce vraiment une lettre officielle ? Le tutoiement est de rigueur dans cette lettre et je n�y vois nulle trace de lettre. Est-ce vraiment le duc d�Anjou qui s�y exprime en tant que tel ou bien une connaissance de Clelia qui se trouve être le duc d�Anjou ? Cela a-t-il été réfléchi, une tel lettre peut elle être considérer comme un écrit officiel étant donné qu�il s�agit j�en ai l�impression plus d�une correspondance privée d�afficher Le passage qui nous intéresse « J�ai bien conscience que ta situation au sein de ce conseil est inconfortable, mais je ne te crois pas lâche au point de quitter le navire.
C�est pourquoi, je ne te surprends pas en refusant catégoriquement ta démission. » se trouve noyé au milieu d�une lettre d�une vingtaine de ligne ou l�on parle d�autres choses.
Maintenant passons à ce qui a été écrit. Le duc le dit lui-même, la position de Clelia au conseil est inconfortable, dans sa deuxième lettre on apprendra qu�elle semblait avoir des problèmes avec d�autres membres du conseil. Dès lors, si sa position est inconfortable, comment peut elle rester ? Peut-elle de ce fait assurer un travail de qualité et être de bon conseil si des craintes la tenaille et un sentiment de mal aise l�imprègne ? Cette démission n�est due selon moi qu�à une volonté de bien faire afin de ne pas polluer le conseil comtal et de le laisser travailler efficacement. Comment le reprocher ?! Elle serait resté on aurait sûrement dénoncé son silence ou son manque d�investissement !
J�entends dire, tout est ramené au niveau personnel de l�accusée, elle est égocentrique, c�est moi je, moi je, blablabla.
Et avant cette démission, qu�à fait Clelia dites moi ? Ne sait-elle pas défoncé pour l�économie angevine ?! Au moins deux mois que j�ai passé sur les routes avec elle messieurs dames, à visiter toutes les villes du comté encore et encore afin de vendre et d�acheter pour améliorer la condition de chacun. A ceci j�ajoute des passages en Bretagne et Poitou. Et tout cela pour quoi ? Pour son bien être personnel ? Que nenni, juste pour l�Anjou. Et on vient maintenant dire « moi je moi je ». Qui se sent morveux se mouche !
Mais vu qu�on parle de trahison, on reproche à Clelia d�avoir privilégié la mairie de Craon. Mairie abandonné de tous, mairie reprise avec un déficit de 400 écus si je ne me trompe pas. Et où était donc le conseil pour vérifier le travail des maires, ou était il pour y déloger les imprudents ayant conduit à cette ruine ? Abandonné une ville à son sort..n�est ce pas là plus terrible trahison ! Laissez une mairie sans possibilité de remplir la taverne municipale de bière et on fait toute une montagne pour une désobéissance toute petite, c�est le monde à l�envers. Et vous noterez que la ville se porte mieux est n�est plus en négatif.
Parlons maintenant de la deuxième lettre mais ne nous y attardons pas. Toujours ce ton personnel et ce tutoiement auquel s�ajoute des phrases comme « tu me déçois » « Ton attitude est honteuse » « Puisse-tu faire profil bas et disparaître de ma vue » On a un duc qui la dénigre donc. Qui sait ci ce dénigrement ne serait pas intervenu en plein mandat comtal ? Je le redis donc, mieux vaut démissionner plutôt que de faire un mauvais travail !

Concernant l�histoire de vos stocks, le CAC l�a dit lui-même que Clelia lui avait remis alors ou est le problème. Je tiens à signaler que selon la procure, le duc a ordonné à Clelia d'indiquer tous les stocks du duché qu'elle avait fait cacher pendant la guerre. On remarque que le procureur qui s�appuyait sur deux lettres précédemment ici ne s�appuie sur plus aucun écrit, une petite phrase dite du bout des lèvres dans un conseil comtal ? Bref il n�était pas dit que les stocks devait être indiqué au duc mais juste qu�il devait être indiqué. Le CAC étant la plus à même de gérer des stocks de marchandises, c�est ce qui a du inciter Clelia à lui confier. Bref de toute façons cela ne concerne pas Clelia mais le nouveau CAC qui aurait du demander des précisions selon l�état des stocks qu�il avait reçus.
Ayant trop parlé je ne sais plus si je voulais dire autre chose. Donc je vais en finir là et vous souhaiter une bonne fin de journée.
A la revoyure !

L'accusation a appelé Vendettal à la barre

L'accusation a appelé Regort à la barre
Citation :
Voici son témoignage :
Un petit détour vers le tribunal. Regort avait pris soin de noter tous les éléments concernant l'état des stocks. Il haussa un sourcil en entendant la défense et son témoin.

Bonjour. Je suis Regort, Bailli d'Anjou depuis le 10 novembre et conseiller depuis le 1er novembre. Je viens donc témoigner à la demande de l'accusation concernant la tenue à jour des stocks dissimulés chez l'habitant.

Je me permets de signaler l'importance capitale de ces stocks. Qu'il puisse être saisi le caractère essentiel de leur suivi. Encore aujourd'hui c'est une valeur de 20 900 écus en minerais qui appartiennent au duché et sont dispersés. En vérité avec ces stocks le duché aurait une richesse positive. Mais s'ils ne sont pas suivis correctement ils seront perdus.

Lorsque j'ai été nommé bailli, j'ai voulu avoir un point précis sur les stocks dispatchés, de manière à pouvoir faire un point sur la richesse du duché et ses capacités en minerais de manière à pouvoir orienter les choix de gestion de nos mines mais aussi de celle de Touraine.

Je suis particulièrement étonné que la défense parle de suivi de mandats. Bien sûr il est essentiel de suivre les mandats et c'est bien malheureux que le successeur au poste de CaC ai stoppé tout suivi concernant les mandats mais là n'est pas la question. En effet les stocks qui ont été mis en sûreté ne sont pas en mandat ! De ce fait un suivi des mandats ne donne aucune indication quand à leur état. Ils sont dans les propriétés.
A sa décharge je reconnais qu'un point sur l'état des stocks cachés a été fait le Dimanche 30 Octobre. Mais c'est le dernier qui a été publié. Ce qui fait que nul ne pouvait donc connaître l'état de ces même stocks le 4 Novembre, date à laquelle le nouveau CaC a pris ses fonctions.

On peut retrouver dans la greffe du bureau une déclaration de Clelia en date du 07 Novembre affirmant fournir un récapitulatif de ces stocks dans la soirée. Il n'a jamais été publié, jamais.

Savoir si ce rapport a bien été fourni ou non est à éclaircir mais s'il l'a bien été alors la négligence inacceptable est à mettre sur le compte du successeur. En effet contrairement à ce que peut avancer la défense, jamais Charles de Raveline n'a publié cet état des stocks. Que ce soit dans le bureau du CaC ou dans l'état des stocks du comptoir commercial.

La seule publication concernant ces stocks cachés a été faite lorsqu'elle a été réclamée par le duc le 13 novembre. Enfin pour être exact la demande a été faite le 13 novembre et la première réponse date du 19 Novembre. Et c'est là que le bât blesse : cet état des stocks était vraiment incomplet.
C'est au moins 160 kilos de minerais de et 4 charrettes qui n'étaient pas comptabilisés. C'est seulement grâce à l'intervention de Thibauld qu'a été relevé ce manque. S'il ne l'avait fait, c'était plus de 2 500 écus perdus par le duché sans qu'on ne puisse rien dire.
Alors je le demande, combien encore de minerais et autres objets divers ont pu disparaitre ?

De plus j'ai un peu de mal à comprendre le refus de l'intéressée d'être venue s'exprimer sur le sujet. Que lui aurait coûté le fait de passer dire : "Le 4 novembre le duché avait encore tant de stocks cachés chez telles personnes. Mais je ne peux en dire plus pour ce qui concerne la période du 04 au 13 novembre". Il n'en est rien. Nous avons donc eu droit à un silence pesant et un état des stocks totalement incomplet. La question est sans doute de savoir s'il y a bien eu un rapport remis au successeur le 07 novembre. Ce dernier semble dire que oui.

Il faut donc déterminer si ce rapport remis était déjà incomplet ou bien s'il l'est devenu par négligence du 04 novembre au 16 novembre, date de sa "publication".
Et comprendre en quoi il était si impossible pour la défense de venir s'exprimer, même pour dire qu'elle n'avait pas toutes les données en main, alors qu'il lui était demandé de le faire.

C'est tout ce que je puis dire. Je pense avoir été exhaustif mais si j'ai omis des détails ou commis des imprécisions je me tiens à disposition de la justice.

Je vous remercie de m'avoir écouté.

*Brève inclinaison de la tête en direction du Procureur. Puis trois pas en arrière avant de retourner s'assoir.
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Clelia/désobéïssance Duc/relaxe/17-12-59
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